La Belgique compte deux langues des signes officielles : la LSFB(Langue des Signes de Belgique Francophone) et la VGT(Vlaamse Gebarentaal). Ces deux langues sont mutuellement inintelligibles, aussi distinctes l'une de l'autre que le français et le néerlandais parlés. Comprendre cette dualité est essentiel pour toute organisation - entreprise, hôpital, cabinet d'avocats, administration - qui souhaite garantir l'accessibilité à ses interlocuteurs sourds et malentendants. Ce guide présente les tarifs du marché belge, le cadre légal et les points d'attention pratiques.
LSFB et VGT : deux langues, deux communautés, deux marchés
La LSFB est utilisée par la communauté sourde francophone de Belgique (Bruxelles, Wallonie). Elle a été reconnue officiellement par la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2003. La VGT est la langue des signes de la Flandre, reconnue comme langue régionale par le Parlement flamand depuis 2006. Bien que les deux communautés cohabitent sur le territoire belge, leurs langues des signes n'ont pratiquement aucune interopérabilité. Un interprète LSFB ne peut pas couvrir une mission VGT, et vice versa. Cette réalité doit être clairement précisée lors de la demande d'interprète.
Les organismes de certification diffèrent également selon la communauté. Du côté francophone, la FFSB (Fédération Francophone des Sourds de Belgique) et Surdimobilsont les structures de référence pour la certification des interprètes LSFB. En Flandre, le référentiel de certification VGT est géré par Fevlado (Federatie van Vlaamse Dovenorganisaties). Ces certifications attestent d'une compétence minimale en langue des signes, en déontologie professionnelle et en techniques d'interprétation.
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Cadre légal : droits des personnes sourdes en Belgique
Plusieurs textes encadrent le droit à l'interprétation en langue des signes en Belgique. La Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées(CDPH), ratifiée par la Belgique en 2009, impose aux États parties de garantir l'accès à la communication (article 2) et à l'accessibilité (article 9), ce qui inclut explicitement l'accès aux langues des signes dans la vie publique.
En droit belge, la loi du 22 août 2002 relative aux droits du patientgarantit à tout patient le droit à une information claire sur son état de santé et sur les actes médicaux proposés, dans une langue qu'il comprend. Pour un patient sourd ou malentendant utilisant la langue des signes, ce droit implique la mise à disposition d'un interprète lors des consultations médicales significatives. Dans les procédures pénales, la directive 2010/64/UE (transposée en droit belge) garantit le droit à l'interprétation, y compris en langue des signes, sans frais pour la personne concernée.
Pour les contextes professionnels (réunions d'équipe, entretiens d'embauche, formations), la législation anti-discrimination (loi du 30 juillet 1981, complétée par les décrets des Communautés) impose à l'employeur de mettre en oeuvre des aménagements raisonnables pour les travailleurs en situation de handicap, ce qui peut inclure la prise en charge d'un interprète en langue des signes.
Pénurie de professionnels certifiés : anticiper les délais
Le marché belge de l'interprétation en langue des signes souffre d'une pénurie structurelle de professionnels certifiés, particulièrement marquée en LSFB. Les formations d'interprètes en LSFB (dispensées notamment par la Haute Ecole Francisco Ferrer à Bruxelles) produisent un nombre de diplômés insuffisant par rapport à la demande, ce qui maintient les délais de réservation à des niveaux élevés.
En pratique, pour une mission LSFB à Bruxelles ou en Wallonie, il faut compter un délai de réservation de 1 à 3 semaines minimum pour une mission planifiable. En urgence (moins de 48 heures), la disponibilité n'est pas garantie et des majorations significatives s'appliquent. Pour la VGT en Flandre, le marché est légèrement plus fourni mais la tension reste réelle dans les zones rurales et pour les missions de longue durée.
Cette contrainte de disponibilité impose aux organisations de planifier les besoins en interprètes le plus tôt possible dans l'organisation de leurs événements, audiences ou rendez-vous impliquant des personnes sourdes ou malentendantes.
Structure tarifaire : taux horaire, vacation minimale et déplacements
L'interprétation en langue des signes se facture à l'heure avec une vacation minimale de 2 heures, même si la mission effective est plus courte. Cette règle tient compte du temps de déplacement et de la préparation spécifique à chaque type de mission. Sur le marché belge, les tarifs se situent généralement entre 80 et 120 euros de l'heure pour un interprète certifié, auxquels s'ajoutent les frais kilométriques au tarif de 0,42 euro/km aller-retour depuis le domicile de l'interprète.
La VRI (Video Remote Interpreting) - interprétation par visioconférence - est une alternative qui permet de mobiliser un interprète à distance lorsqu'aucun professionnel certifié n'est disponible dans la région concernée. La VRI est particulièrement utile pour les zones rurales de Wallonie ou les provinces flamandes moins bien couvertes. Son tarif est généralement de 10 à 20% inférieur au présentiel (pas de frais kilométriques), mais elle nécessite une connexion internet stable et un dispositif technique adapté (tablette ou ordinateur avec caméra de qualité).
Tableau des tarifs interprétation en langue des signes en Belgique
| Type de prestation | Tarif indicatif | Remarque |
|---|---|---|
| Rendez-vous médical (2h) | 160 - 240 € | Vacation min. 2h, frais kilométriques en sus |
| Audience judiciaire - demi-journée | 320 - 480 € | 4h min., interprète certifié SPF Justice recommandé |
| Réunion d'entreprise (3h) | 240 - 360 € | Préciser LSFB ou VGT selon la communauté du participant |
| Conférence - journée complète | 640 - 960 € | 2 interprètes recommandés pour les journées longues |
| VRI - visioconférence par heure | 70 - 100 €/h | Vacation min. 2h, connexion stable requise, pas de frais km |
Cas d'usage spécifiques et bonnes pratiques pour les organisations
Pour les hôpitaux et cliniques, la mise en place d'un protocole d'accueil des patients sourds avec accès à un interprète LSFB ou VGT relève à la fois d'une obligation légale et d'une exigence qualitative. La solution la plus pragmatique pour les établissements de soins est de souscrire à un abonnement VRI (visioconférence) qui garantit la disponibilité d'un interprète en langue des signes sous 10 minutes, 7 jours sur 7.
Pour les cabinets d'avocats, un interprète en langue des signes est indispensable lors de tout entretien avec un client sourd ou malentendant - la confidentialité de la relation avocat-client doit pouvoir s'exercer dans une langue que le client maîtrise pleinement. La présence d'un proche "qui sait un peu signer" ne constitue pas un substitut professionnel acceptable sur le plan déontologique.
Pour les administrations communales et les CPAS, l'accueil de citoyens sourds ou malentendants nécessite idéalement un accord-cadre avec une agence d'interprétation qui peut mobiliser un interprète certifié sous 48 heures pour les démarches planifiables, et dispose d'une solution VRI pour les situations urgentes.
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FAQ
Frequently asked questions
Comment réserver un interprète LSFB en urgence ?
En urgence (moins de 48 heures), la disponibilité d'un interprète LSFB certifié n'est pas garantie en raison de la pénurie structurelle de professionnels. Pour maximiser vos chances, contactez l'agence par téléphone (pas uniquement par email) et précisez immédiatement la langue des signes requise (LSFB ou VGT), la localisation, la durée estimée et le contexte (médical, judiciaire, entreprise). Si aucun interprète présentiel n'est disponible dans le délai requis, la VRI (interprétation par visioconférence) est souvent la seule solution réaliste pour une urgence vraie. Pour les situations médicales d'extrême urgence, le service 112 dispose de protocoles spécifiques pour les personnes sourdes. Une majoration d'urgence de 30 à 50% s'applique généralement pour toute réservation de moins de 48 heures.
Un interprète VGT peut-il interpréter pour une personne LSFB ?
Non. La LSFB et la VGT sont deux langues distinctes, mutuellement inintelligibles, avec des grammaires, des paramètres visuels et des vocabulaires propres. Un interprète certifié VGT n'a pas les compétences nécessaires pour interpréter vers ou depuis la LSFB, et vice versa. Il existe bien une "Langue des Signes Belge" informelle que certains membres des deux communautés utilisent pour communiquer entre eux (contact signing), mais ce n'est pas une langue standardisée ni maîtrisée par tous les locuteurs. Pour toute mission professionnelle, il est impératif de préciser la langue des signes de la personne concernée et de mandater un interprète certifié dans cette langue spécifique.
L'employeur doit-il fournir un interprète en langue des signes ?
En Belgique, la législation anti-discrimination (loi du 30 juillet 1981 et décrets des Communautés) impose à l'employeur de mettre en oeuvre des aménagements raisonnables pour les travailleurs en situation de handicap, sauf si ces aménagements entraînent une charge disproportionnée. La fourniture d'un interprète en langue des signes pour des réunions importantes, des entretiens d'évaluation ou des formations constitue généralement un aménagement raisonnable que l'employeur doit prendre en charge. Dans certains cas, une aide financière du PHARE (Bruxelles), du VAPH (Flandre) ou de l'AVIQ (Wallonie) peut être sollicitée pour couvrir tout ou partie des frais d'interprétation liés à l'emploi.
Y a-t-il une aide financière pour les frais d'interprétation en langue des signes ?
Oui, plusieurs mécanismes existent selon votre région et votre situation. En Région wallonne, l'AVIQ (Agence pour une Vie de Qualité) finance partiellement les prestations d'interprètes LSFB pour les personnes sourdes dans les domaines de l'emploi, de la formation et de la vie quotidienne. En Flandre, le VAPH (Vlaams Agentschap voor Personen met een Handicap) dispose d'un budget "tolkuren" (heures d'interprétation) alloué aux personnes sourdes. À Bruxelles, le PHARE (service bruxellois de coordination pour personnes handicapées) propose des aides spécifiques. Pour les procédures judiciaires et pénales, l'État belge prend en charge l'interprète directement. Il est conseillé de contacter l'agence compétente dans votre région pour connaître les modalités d'accès à ces aides avant d'engager les frais.